«Le poète est en quelque sorte un médium, il n’est que la main d’œuvre de forces qui l’habitent et qu’il connaît très mal, d’un moi profond qu’il connaît très mal, et qui n’a presque rien à faire avec son moi de surface, qui n’est alors qu’un serviteur, un domestique. »

Jean Cocteau en 1960 

lors d'une interview pour son film Le Testament d'Orphée

La compagnie 

La compagnie des Enfants Sauvages est fondée en 2014 sous l'impulsion d'Alan Payon et Marion Benages à leur sortie de l'ENSATT. De cette école, qui dispense un enseignement de tous les métiers du théâtre, les Enfants Sauvages gardent une grande écoute pour les pratiques des uns et des autres ; devenus marionnettistes, ils appliquent cette philosophie à leurs créations. Ils écrivent au plateau, collectivement.

Le spectacle 

En échangeant sur nos inspirations communes, l’œuvre de Jean Cocteau s’est imposée comme un pilier central à travers ses dessins, ses écrits, ses témoignages vidéos, ou encore son cinéma et ses nombreux effets spéciaux. Nous sommes rapidement tombés d'accord. Cocteau est un très proche. Proche de nous, par la pluralité de sa pratique artistique qui peut aisément être rapprochée de celle — hybride — du marionnettiste. 

Cocteau interroge la place du Poète dans la société. Se faisant, son œuvre prend la forme d'un Art Poétique où sont disséminées quelques clés pour tenter de comprendre le mystère lié à l'acte de création. D'où viennent ces forces qui font écrire le poète ? 

C'est ainsi que, toute sa vie, Cocteau sera obsédé par la figure d'Orphée. Outre ses nombreux dessins sur une multitude de supports, de la toile à la céramique, sa pièce Orphée (publiée en 1925), le film du même nom avec Jean Marais (sorti en 1950), c'est avec Le Testament d'Orphée sorti en 1960, trois ans seulement avant sa mort physique, qu'il se fond lui-même dans le mythe. 

Dans ce film, l'Académicien se substitue au héros de la mythologie grecque ; ce n'est donc plus le testament d'Orphée mais bel et bien celui de Jean Cocteau. Celui-ci y abolit l'espace et le temps pour nous proposer une errance à travers sa vie et son œuvre. Peut-être tente-t-il de nous livrer, de "nous faire sentir" — comme un ultime recours — les mécanismes mystérieux de son art. 

En s'éloignant de la personnalité hors-norme de Jean Cocteau pour se diriger un peu plus vers l'Aède(1) millénaire, nous avons dégagé certaines étapes du mythe qui nous ont permis de construire la fable de notre personnage, notamment, sa relation avec Eurydice, sa mélancolie, et son voyage aux Enfers.

Nous reprenons alors les principes du film Le Testament d'Orphée en les faisant nôtres, afin de livrer un portrait critique de la figure — multiple — du Poète Contemporain. 

Comme Ulysse qui errait d'île en île, nous verrons notre poète propulsé dans les différents possibles de sa vie, nous montrant ce qu'il aurait pu devenir s'il avait fait tel ou tel choix. S'inspirant des chimères mythologiques afin de mettre en scène les forces qui habitent le Poète, notre Orphée entrera en dialogue avec tout un bestiaire fantastique — comme autant de projections qui émanent de lui — rendu possible par la marionnette. 

Ainsi, notre Poète sera un personnage multiple, évoluant dans différentes dimensions, il deviendra presque kaléidoscopique. Avec Orphée.s, nous voulons mettre en perspective — relativiser et reterritorialiser — la place du Poète dans la société.

 

De Jonas Coutancier & Alan Payon
Avec en alternance pour la manipulation : l'un ou l'autre
Regard dramaturgie : Camille Trouvé
Regard scénographie : Brice Berthoud
Création musicale, et alto : Alexandre Santiago
Création images Video : Pablo Albandea et Marie Girardin
Création et régie lumière : Nicolas Lamatière
Factrice de marionnettes : Amélie Madeline
Création costume : Marion Benages

Regard chorégraphique : Cécilia Santamaria
 

Contact :
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compagnielesenfantssauvages@gmail.com

À VENIR :

Charleville (08)  FMTM, Mer 22 sept à 22h et Jeu 23 sept à 16h